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  S’il n’est qu’une oasis

mercredi 30 mai 2007, par Marc B

Entre écriture philosophique et écriture érotique

Ton monde est un monde de sable et de poussière. Il y a des tentes, le troupeau, l’accueil, le thé, les rires, la joie, et toujours le soleil, le sable et la poussière.

Pour moi, petit occidental à la peau blanche et fine, malgré mes chemises, mes chaussettes et mes caleçons, je souffrais de la poussière, qui m’asséchait l’épiderme, le derme et les poumons.

Même l’eau était pleine de poussière. A l’oeil, sortie du puits, dans les vieilles jarres, elle semblait pure. Pourtant, après que tu t’en soi lavée, lorsque tu séchais, dolente sous ta tente, son évaporation laissait sur ta peau noire des traînées blanches... La poussière encore.

Mais il y avait ton rire, tes yeux. Il y avait ce regard que tu m’avait lancé à notre première rencontre. Et ta main, crayeuse, qui s’était porté un jour sur ma nuque. Ces caresses sèches dont je frissonne encore. Nos cuirs qui se polissaient. Ma langue qui laissait des traces luisantes sur ta peau.

Mais au milieu de ces nuits de chaleur sèche, il y avait tes chairs humides. Nul ne peut mieux apprécier le don d’une femme que l’homme du désert accueilli par la tendresse, la chaleur et l’eau qui perle à l’intimité de son amante. Dans ce monde de sables, les femmes sont les gardiennes des plus beaux paradis. S’il n’existe qu’une oasis, elle est entre tes jambes.

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