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Ateliers de la coquille 7ème édition - n°1 - 6 octobre 2009

  Je suis née

jeudi 8 octobre 2009, par Catherine Manuel-Lamarque

Je suis née

Bulleuse dans l’âme

Pendue en l’air, j’ai chopé la peur du vide

Adieu matrice, bonjour maîtrise

Ai-je pris la vie au sérieux dès le début ?

Je suis née

Elle a souffert

A-t-il sourit ?

Je suis née

c’était fait

Et pas une fée

S’en était fait de moi

J’ai su la solitude

Je suis née

comme une fleur le jour du printemps

Ça m’a accroché un sourire en coin

Il ne me quitte plus

Même quand il s’inonde de larmes

Je suis née

Ainsi soit-il

Le choix a disparu

La vie a surgi

Je l’ai suivie

Tout d’abord, j’ai joué la prudence

J’ai fermé ma gueule

J’ai observé

J’avais l’air d’un bonze

Je ne l’ai pas suivi

Mais j’ai continué à sourire

Avec ça, on m’a foutu la paix

Manger, manger mes doigts et choisir mon pouce

Ne me pousse pas, je te suis, sois contente

Je m’en contenterai, en attendant

Je suis née, en attendant

Quoi ? Là est la question

Foutue question, à botter dehors

Un jour

Je suis née un seconde fois

Je me suis crue libre

Alors j’ai pris un calibre

Un bon gros calibre à mot

Et j’ai tiré sur des lignes

Traqué des virgules

Shérif, je fus

Juge suprême des mots d’autrui

Outrecuidance

Je danse

Double verrou

lié de l’intérieur

À bride abattue

Je suis restée longtemps déçue

Depuis que je suis née

Mais pas question d’avouer

Raideur cachée et fausse souplesse, j’ai enfourchées

Pôv lonesome cow-girl, j’ai filé doux

J’ai filé loin, direction les étoiles

Les toiles blanches de mon imagination

Je suis née fantasme

Rêvée fantasque

J’ai obéi

Mais à l’intérieur, quel cinéma

Mes nuits blanches n’y ont pas suffit

Alors j’ai attaqué le clair-obscur

Et là, patatrac

Quand ya du clair, ya de l’obscur

Sacrée vérité

Vérité sacrée, je te traque maintenant

Presque avec certitude, j’oublie l’incertitude

Voler, sentir et prendre place

Éternel présent

Là où l’aile du papillon caresse ma joue et le singe caresse ma main, je suis bien

Bien sûr, ça gueule toujours dans ma ménagerie

Mais, j’y ai pris goût à débusquer mes très chers animaux

Je ne les renvoie plus aux oubliettes, je les tire au sec et je les aime

Souvent, ça me fait mal de les regarder en face mais je n’ai plus le choix

Je renais chaque jour grâce à eux

Naître dans un cocon

C’est pas coton

Tendre le fil de soi

Pour construire sa foi

Combien de fois remettrais-je le fil de soie sur l’ouvrage ?

Qu’importe puisque la vie est là même si parfois je l’oublie dans l’effroi

Je m’emploie, je me déploie et m’aperçois

Ça ne va pas si mal que ça

Ça va même d’espoir en exploit

Et ce soir je m’assois sur quelques rimes en wouah et ne sais plus comment surseoir

Surseoir, mais qu’est-ce que ça vaut dire ?

Surseoir

Suçoir

J’ai tant sucé mon pouce

Ça me ferait une belle fin

Remettre à plus tard

Non

Écrire sans faim et sans fin pour toucher l’infini de moi.

Sacré voyage

Voyage sacré

Plus palpitant qu’à mes 20 ans

Pouf, pouf, pouf

Taperai-je encore 3 fois pour ouvrir le rideau ?

Non maintenant, il se baisse pour ce soir

Qu’importe puisque je suis arrivée

Je suis née

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