Accueil du site > 2 - Ecrits d'ateliers > Destins croisés
  • Article

Atelier du 3 novembre 2009

  Destins croisés

hommage à Italo Calvino et au Tarot

mercredi 4 novembre 2009, par Alfred M

Dieu ne joue pas aux dés ! Mais joue-t-il aux cartes ?

La question me taraude, surtout en termes de divination. Ai-je reçu une bonne main ? Quels sont mes atouts dans la vie ? Mes points forts ?

Je commence par la bataille. Un tête-à-tête, aucune stratégie. Le hasard pur qui respecte une stricte hiérarchie. C’est barbant, assez vite inintéressant. Le seul intérêt, c’est d’apprendre la valeur de chaque carte, sa place dans la famille.

Faute de mieux, je peux continuer par les réussites. c’est un bon jeu pour commencer à réfléchir, une introduction à la crapette qui me fait guetter la faute de mon adversaire.

Je peux choisir de sortir du duel pour m’associer à un partenaire et affronter une équipe adverse, c’est la manille, la belote, la coinche. L’idéal est de compter les cartes pour savoir où sont celles qui n’ont pas été jouées. Les stratégies s’affinent.

Le tarot voit des équipes se former et se défaire à chaque donne. Les alliances sont variables, mais cela reste du chacun pour soi. Le nombre des cartes augmente, les stratégies se perfectionnent, l’intérêt est croissant.

Les cartes deviennent un support pour laisser se déployer le talent de bluff, de mensonge chez l’amateur de poker. La psychologie est reine, la stratégie se développe en dehors des cartes elles-mêmes.

D’autres jeux, encore, d’autres cartes également, les bâtons, les coupes, les deniers et les épées remplacent les cœurs, trèfles, piques et carreaux. Le bridge et le jeu des jeux.

Et Dieu dans tout ça ?

Certains explorent le destin à travers ces mêmes cartes. Elles deviennent les messagères célestes d’une énergie supérieure. Elles font et défont le chemin de celles et ceux qui les vénèrent, qui leur accordent le pouvoir de leur montrer leur route.

La femme de la carte annonce la rencontre prochaine de l’âme sœur. Comment ne pas y croire lorsqu’on l’attend depuis si longtemps ?

La carte n’est pas le territoire, pas plus que le symbole n’est la parole divine. Peut-être seulement l’écho déformé et infidèle. Surtout lorsque le message est traduit par un tiers qui l’entend pour lui-même.

En cas de naufrage, lorsque le bateau coule, la carte devient une chaloupe, un radeau de sauvetage, un morceau d’épave auquel on s’accroche en priant.

La carte est parfois un chemin vers Dieu.

La lame de tarot pour surfer sur la lame de fond.

Répondre à cet article